Au réveil à 6h ce matin, le ciel semble se dégager. Enfin une belle journée s'annonce et c'est préférable, car aujourd'hui, c'est la plus alpine des étapes du GR20 que nous devons faire avec 950 m de dénivelé positif et négatif. Soit 7h30 de marche. En observant la Punta Muzzela qui nous surplombe, je découvre qu'il a neigé cette nuit, quelques centaines de mètres plus haut. La progression sera plus lente, car des parties de la randonnée ressemble plus à de la varappe (escalade de parois rocheuses abruptes) qu'à de la marche.
Ce matin, c’est à Jean-Marc de nous quitter. Il reste au bivouac en attendant des secours, un autre guide doit venir le chercher pour redescendre dans la vallée. En effet il est en état d’hypothermie. Mais à l’arrivée du guide, quelques heures plus tard, son état ne s’est pas amélioré. La descente à pied, étant jugée trop difficile pour lui, c’est en hélicoptère qu’il est reparti pour rejoindre un centre hospitalier.
Dès les premiers mètres nous grimpons vers le Bocca Muzella et la brèche de Capitello situé à plus de 2200 m. La zone de prairie et d'aulne odorant ( u bassu) autour de la bergerie laisse place très rapidement à un univers où le minéral est omniprésent.
Et maintenant, en passant le col de Rinoso, nous basculons sur l'autre versant de la montagne et la vue devient plus féérique encore en apercevant une série de lacs, Rinoso, Mélo et Capitello, avant d'atteindre la fameuse brèche de Capitello.
Nous allons rejoindre cette brèche, là-bas sous la fléche jaune, pour y faire notre pause déjeuner. Le chemin est encore long, mais le décor va nous surprendre à chaque fois. Le repas ne prendra que plus de saveur devant un tel écran géant.
Préoccupation première à chaque arrivée, récupérer sa tente, installer son bardas, et aller prendre une petite douche, toujours sur l'unique point d'eau pour tout le campement. Par chance, il y a du solaire, et le petit filet d'eau sera tiède. Et comme après chaque fin de randonnée, passons à la séance d'assouplissement du corps organisée par Bernadette, professeur de Yoga, en attendant nos mules.
Comme il est écrit sur le panneau de la bergerie " Ici, le temps s'est arrêté", et c'est bien vrai, comme on est bien à écouter ces chants corses, face à la montagne, en goûtant les produits de salaison corses, les fromages produits localement arrosés d'un petit vin corse.
Si le paradis existe, c'est ici.
Après ce dîner aux chandelles, bien sympathique, nous regagnons nos tentes à la lumière de nos lampes frontales.






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